Le prénom est plus qu’une identité civile

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Crédit : lisapoyakama.org

Il y a souvent un fossé entre l’identité civile et l’identité culturelle de l’Africain. Nos prénoms courants sont des sortes camouflages qui nous font passer pour ce que nous ne sommes pas. 

Le prénom et le nom te renvoient directement à ton identité, à tes origines, et donc à ton histoire. Nous, Africains noirs, portons des prénoms qui nous éloignent de notre identité parce qu’ils n’ont rien à voir avec nos origines.

Il y a par exemple des groupes éthiques noirs qui se revendiquent arabes d’origine et rejettent leurs ascendances noires africaines. Les SEREFOU transformés en CHÉRIF disent qu’ils sont descendants de Mahomet… Je n’ai jamais compris comment et pourquoi!

Les Africains portent les prénoms de tous les peuples sur terre (à part les asiatiques parce qu’ils trouvent qu’ils ont des prénoms aussi moches que les leurs) mais aucun autre peuple sur terre ne porte un prénom originel d’Afrique… Je ne parle pas des prénoms d’emprunt comme Moussa ou Mariam, ce sont des prénoms arabes qui sont devenus « africains » par usure. Nos prénoms ont été transformés en honte et ont disparus au fil du temps. Aujourd’hui les prénoms les plus rependus en Afrique sont des prénoms orientaux et occidentaux. Personne ne veut appeler son enfant Naré, Djata, Binè, Kèmè… Et on a une façon très malhonnête d’établir une équivalence entre les prénoms africains et arabes, c’est fou !

Par exemple :

Sidafa = Moustapha
Sekou = Cheick 
Toumany = Ousmane 
Bromah/ Bremah = Ibrahim
Kalou = Kalil/Khalil 
Lansana/ Lancinè = Alhassane/Hassan

Ces prénoms n’ont rien à voir les uns avec les autres, ils ont différentes histoires et différentes origines. Mais par complexe nous supprimons tous nos prénoms pour porter les prénoms arabes. On se soucie toujours de ce que les autres pensent de nous et nous avons soif de reconnaissance des autres, donc, on est prêt à brader toutes ces marques ancestrales.

Cette mentalité de suiveur à tout à voir avec les religions importées qui ont asservi autant les mentalités que les coutumes et traditions. D’ailleurs, elles sont devenues nos références de vie au quotidien, avec quelques exagérations en plus. Tout à voir avec les religions ? Pourquoi ?  Parce que les familles musulmanes tirent les prénoms des enfants des pages du Coran et les chrétiens dans la Bible et sur les calendriers grégoriens.

On s’identifie par son prénom. Quand un noir dit à un arabe ou un européen qu’il s’appelle Mohamed ou Kalil, on le regarde avec un air étonné et curieux… À cause de sa couleur de peau. Et c’est normal. On lui demandera directement s’il est musulman, c’est un réflexe. S’il dit qu’il s’appelle Djémory on ne lui posera pas la question.

Mais, nous, nous sommes dans une illusion. Nous pensons que le prénom peut nous conduire au paradis ou que les qualités de la personne en dépendent. Dans cette optique, nous préférons les prénoms comme Mohamed, Ibrahim, Issa, Joseph, Moïse… et nous évitons les noms de nos ancêtres noirs (qui ont tant fait) comme Djedi, Kalabi… Tout ce qui reste à l’Africain, c’est de changer de patronyme… et l’envie ne manque pas à certains!

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