Noir et fier : Une expression de complexe

Cultiver en nous la fierté d’être ce qu’on est, est la meilleure façon de charpenter solidement notre mental. Il s’agit de l’enseignement pur et honnête de l’histoire. Connaître ses héros et ses ancêtres permet d’être décomplexé de ses origines. Malheureusement l’Africain ignore en grande partie ces éléments qui peuvent le décomplexer, même les plus grands diplômés. C’est cette ignorance de tout sur soi qui a donné naissance à l’expression de complexe « Fier d’être noir».

Certes, il y a de quoi être fier, mais hélas ces éléments de fierté identitaire sont méconnus par les utilisateurs de cette expression. Il n’y a que les noires qui clament leur fierté sur les t-shirts, les banderoles, sur les réseaux sociaux…. mais qui ont comme modèle de vie (culture et tradition) l’occident. Inconsciemment, c’est le complexe enfoui quelque part en ces noirs fiers qui les pousse à cette expression.

Noir et fier est donc pour moi l’extériorisation inconsciente d’un complexe que l’on veut dissimuler. Le simple fait de garder sa peau noire est déjà une preuve de fierté de l’être, pas besoin de le gribouiller ou le siffler partout. Ceux qui se dépigmentent la peau n’ont pas besoin de dire ouvertement qu’ils ont honte de ce qu’ils sont. Cette dépigmentation également est un fait de la mauvaise opinion de soi.

La fierté identitaire sera effective quand on apprendra à l’école l’histoire africaine dans toutes ses phases, qu’elles soient positives ou négatives. D’ailleurs, aucun peuple n’a une histoire globalement positive mais il est important de la connaître. On est mentalement fort et décomplexé quand on connaît la grandeur de ses ancêtres et les apports de son peuple à l’humanité.

Un second fait de la méconnaissance de l’histoire, c’est le rejet des siens. Beaucoup sont fiers d’être noirs mais sont très attachés aux identités (nationalités) octroyées par le colon. Un Guinéen réagit tout de suite quand tu lui demandes s’il est Togolais, il ne veut pas être Togolais. Pourquoi ? Psychologiquement, c’est blessant pour lui d’être d’une autre nationalité car entre nous africains dans chaque pays il y a un cliché sur tous les autres pays. Si beaucoup d’Africains pensent qu’ils n’ont rien en commun avec les autres Africains, c’est la faute à l’école.

Retracer l’histoire de façon globale positive ou négative quelle soit dans ses différentes phases, permettra au peuple de réaliser plus que jamais qu’il a un passé commun. Le passé commun amène un peuple à vouloir vivre ensemble pour un avenir commun, c’est d’ailleurs l’essence d’une nation. Nous avons du mal à construire des nations  ou une nation viable en Afrique parce que le passé commun est mal retracé ou méconnue, chose qui fait obstacle au « vivre ensemble ».

Pour éviter aux futures générations cette perdition, il faut faire des manuels d’enseignement africains. Parmi ces manuels, un manuel phare doit être édité par les chercheurs et historiens africains. Il s’agit d’un livre d’histoire commune à tout le continent, des héros et des apports de l’Homme noir.

Puisse ce billet vous servir ne serait-ce que la compréhension d’une ligne !

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