Les déboires de la société : Talibés et Sheguey

Enfants talibés au Sénégal – Crédit : Senenews

Dans les pays noirs africains majoritairement musulmans tels la Guinée, le Mali et le Sénégal, l’exploitation des enfants est devenue monnaie courante. Ils ont entre 5 et 15 ans, d’aucuns sont orphelins et d’autres des familles démunies. Pour se débarrasser d’eux, les parents ou tuteurs les envoient à la Daraa (École coranique en Wolof) pour l’initiation à la lecture coranique. Ils y sont transformés en mendiants et serviteurs  par les Serigne (maîtres de talibés en wolof).

A cette école d’asservissement abusivement appelée « École Coranique », il y a plus d’exploitation que d’apprentissage. Les enfants arpentent les rues et font du porte à porte afin collecter de l’argent et des denrées pour le maître. Un quota leur est fixé tous les matins dès 7h, au retour ils n’ont comme récompense que quelques pauvres poignées de riz et des besognes ménagères. Malades en permanence, ils ne bénéficient d’aucun soin, ce ne sont que des serviteurs et outils de business. Ils meurent comme des chats dans les coins de rues. Ils n’ont seulement exposés aux dangers de la nature et de la rue la mais ils sont aussi violentés par les maitres. Le cas du talibé Moussa Cissé âgé de 10 ans en est une illustration. Parce qu’il n’avait pas achevé la récitation d’une sourate, il a été violenté par son maître Thierno Diallo à plusieurs reprises dans la journée jusqu’à ce que mort s’en suive le soir. Il faut souligner qu’il y a des Daraa normales, qui ne se livrent pas à à cette pratique.

Au Congo le cas similaire est celui des Sheguey (Enfants de la rue). Ce sont des enfants rejetés par les familles sur parole d’un prête, qui les déclare responsables des malheurs de la famille. Ces enfants apprennent les principes de la rue et finissent par les adopter. D’aucuns y restent, deviennent des gangsters et la société qui les a fabriquée les condamne à tord et à travers ensuite. Ils dorment à la belle étoile dans les caniveaux, dans les coins de rues, dans les cimetières… Les filles qui grandissent dans ce milieu sont souvent obligées de racoler pour survivre. La mendicité infantile, la délinquance juvénile et la prostitution, telles sont les défaites de nos sociétés.

Enfants abandonnés à Pointe Noire au Congo – Crédit : portail242.info

A noter que le Sénégal exprime une volonté de mettre fin à l’exploitation et la mendicité des enfants. Il y a des mesures d’insertion dans les centres d’accueil. Le président Macky Sall a donné des instructions à son gouvernement dans ce sens en juillet 2016.

En plus des dispositions de protection, le Sénégal prévoit des amendes et peines de prison à l’encontre des personnes responsables de cette exploitation d’enfants. Il y a d’ailleurs eu plusieurs arrestations au cours de l’année 2016. En dépit des instructions du président et la loi de 2005 qui incrimine la pratique, elle est toujours d’actualité au Sénégal.

Avant de pointer le silence coupable des gouvernants, convenons sur le fait que les parents soient premiers fautifs de ce fléau. Même si la mise en œuvre des dispositions tardent encore au Sénégal, les autres gouvernement concernés devraient se pencher aussi sur la question. Je trouve d’ailleurs hypocrite de la part des politiques de dire « Les enfants sont l’avenir » parce qu’ils ne font rien pour protéger ces enfants.

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